Le processus

Il semble que le processus soit sensiblement le même qu’il s’agisse d’un individu, d’un groupe d’individus, d’une organisation ou d’une structure locale de mobilisation (une table de concertation, un comité de développement, un regroupement local de partenaires, etc.). Le processus de développement du pouvoir d’agir engendre le passage d’un état d’impuissance à agir sur ce qui est important pour soi à un état de pouvoir d’agir.

Développement du pouvoir d’agir (empowerment): processus permettant de rétablir le rapport à l’action.
Pouvoir d’agir: état positif de l’acteur face à l’action.

Perte de pouvoir d’agir (disempowerment): processus qui affecte négativement le rapport à l’action.
Impuissance à agir: état négatif de l’acteur face à l’action.

Les composantes du processus

L’évolution de trois composantes de façon simultanée (les unes nourrissant les autres), autour du vecteur central que constitue la participation, permet que le pouvoir d’agir se développe. Ces composantes sont :

  • l’autoreconnaissance de sa propre compétence (de ses forces, de ses capacités, de ses atouts, etc.);
  • les compétences, c’est-à-dire les savoirs, savoir-faire et savoir-être dont l’acteur aura besoin pour participer certes, mais surtout pour être en mesure de choisir-décider-agir pour le changement;
  • la conscience critique, soit la compréhension de l’interaction dynamique et de l’interinfluence existant entre l’acteur et son environnement et de la possibilité de contribuer à changer cet environnement.

Bulles

Un processus dynamique : l’interaction des composantes

Ce n’est pas tant l’ordre ou la place exacte des composantes dans le processus qui semble compter pour que se développe le pouvoir d’agir, mais bien leur présence et surtout leur interaction dynamique. Ainsi, en participant, un acteur peut développer ses compétences. Dans sa participation, ses contacts avec d’autres le soutiennent dans la reconnaissance de sa compétence et les échanges lui permettent de mieux comprendre l’interinfluence entre sa situation et l’environnement dans lequel il baigne. C’est pourquoi la participation est un vecteur pour le processus, c’est-à-dire une attache par laquelle les autres composantes peuvent se développer.

Parallèlement, les trois autres composantes du processus se renforcent mutuellement. En développant davantage de compétences, l’acteur a la possibilité de renforcer l’autoreconnaissance de ses compétences. Plus il comprendra comment l’environnement dans lequel il évolue influence sa situation, plus il sera à même de reconnaître ses forces et ses atouts malgré les difficultés, etc.

Un exemple d’interaction des composantes

Chacune des composantes du processus de développement du pouvoir d’agir connaît une progression graduelle, l’une nourrissant le développement de l’autre. Prenons l’exemple d’un citoyen participant à un comité de développement dans son milieu. Il se peut qu’au départ, cet individu se sente en situation d’impuissance à agir comme citoyen dans le développement de son quartier.

  • En participant aux rencontres de planification du changement, l’individu est alors appelé à donner son avis et à partager ses connaissances;
  • Si celles-ci sont valorisées par les autres, il y a de fortes chances que cela augmente sa confiance dans ses propres opinions et dans sa capacité à planifier le changement dans son milieu;
  • Plus il participera aux échanges et aux débats, plus il développera des compétences liées au changement souhaité, plus il se risquera à participer pour agir dans son milieu et croira à la possibilité d’un changement (antidote au fatalisme);
  • Plus il comprendra comment les choses fonctionnent dans son milieu (les rouages du pouvoir, les ressources, les mécanismes, etc.), plus il comprendra que les problèmes ne sont pas tous individuels, ni dans leurs causes ni dans leurs solutions…
  • …et plus il pourra agir sur les conditions nécessaires au changement et effectivement contribuer concrètement au changement souhaité.

Il développera ainsi son pouvoir d’agir.

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