État de situation, portrait et diagnostic

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Il s’agit des toutes premières étapes du processus de développement collectif planifié. Des mots avec lesquels nous sommes souvent familiers, mais qu’il ne faut pas confondre!

L’importance de l’élément déclencheur

Un processus de mobilisation est souvent déclenché par un ou des individus provenant de la collectivité. Prenant conscience qu’il y a un problème à résoudre ou une situation à améliorer, ils en informent alors d’autres acteurs de la collectivité en tentant de les sensibiliser et de les inciter à se concerter pour passer à l’action.

L’incitation à la mobilisation autour d’un objectif peut aussi provenir de l’extérieur, notamment sous l’impulsion d’orientations nationales ou régionales ou d’opportunités financières rendant possible la mise en œuvre d’actions plus ou moins ciblées autour de certains enjeux définis nationalement, régionalement ou localement.

De façon générale, le déclenchement d’une mobilisation réussie repose sur un leadership solide et consensuel qui, simultanément, motive et soutient les individus et les organisations qui y sont engagés. L’émergence, le développement et le maintien du leadership constituent des éléments capitaux de la mobilisation.

Faire un état de situation

Lorsqu’une volonté de mobilisation émerge au sein d’un groupe ou d’une collectivité, l’une des premières étapes à laquelle il faut s’attaquer est de faire un état de situation. Cette étape consiste en une cueillette d’informations qui permettra par la suite de passer à l’étape du diagnostic. La nature et la qualité des informations recueillies conditionneront l’analyse qui en sera faite. L’essentiel est donc de déterminer quelles sont les informations nécessaires pour bien comprendre ce qui se passe en lien avec une problématique. Ces informations concernent tant la situation à transformer que la mobilisation à soutenir.

Ces quelques questions peuvent soutenir l’établissement d’un état de situation qui soit significatif pour les acteurs :

  • Comment se manifestent les défis ou les problèmes?
  • Qui est affecté et qui le sera?
  • Quels sont les effets connus ou anticipés si rien n’est fait?
  • Quelles informations nous permettent de décrire les causes et les éléments d’influence?
  • Quels efforts ont déjà été réalisés? Quels efforts sont en cours? Qui y a travaillé? Quelles ressources sont accessibles?
  • Qui est concerné? Qui pourrait se mobiliser?

Faire un état de situation (ainsi qu’un diagnostic) n’est pas anodin, car les données ne sont pas neutres. Elles offrent, au contraire, une certaine vision de la réalité, soit dans le choix des données, soit dans la manière dont elles sont recueillies, comptabilisées et agrégées. Qui plus est, selon ce qu’on veut mettre en valeur, on peut choisir de documenter certains aspects ou d’en occulter d’autres ou encore d’en augmenter ou d’en diminuer l’importance relative. Il est donc souhaitable que les choix stratégiques et méthodologiques concernant l’état de situation soient bien compris des acteurs impliqués.

Lors de l’établissement de l’état de situation et toujours dans une perspective mobilisatrice, il est opportun de se demander : Qui seront les acteurs engagés pour cette étape? Quels rôles joueront-ils et pourquoi? De quel type de véhicule de soutien aura-t-on besoin?

Les grandes étapes d’un état de situation sont :

  • Choix et nature des informations à collecter :
    • De quelles informations avons-nous réellement besoin pour progresser?
    • Données qualitatives? Quantitatives?
  • Construction (amasser et colliger les informations);
  • Production :
    • Quelle forme souhaitons-nous donner à cet état de situation (document, présentation, etc.)?
  • Bonification – Validation;
  • Appropriation et adhésion.

Comment collecter l’information?

Différentes activités permettent de collecter l’information requise afin de dresser un état de situation. Dans un premier temps, on effectue généralement une recherche documentaire et statistique. Pour s’assurer de la validité et de la cohérence globale des données recueillies, des méthodes complémentaires peuvent être utiles comme des rencontres exploratoires avec les acteurs-clés du milieu, l’organisation de groupes de discussion ainsi que la participation aux concertations et mobilisations existantes dans la collectivité.

Une façon d’accélérer la collecte de données et de la rendre plus dynamique consiste à réunir dans un même lieu (pour plusieurs heures!) les personnes qui possèdent les différentes informations requises pour tracer un état de situation. Comme le partage de l’information et son analyse collective contribuent directement au processus de mobilisation, cette façon de faire, lorsqu’elle est possible, permet d’intégrer la réalisation de l’état de situation et l’amorce du diagnostic.

La différence entre état de situation et diagnostic

Il convient de distinguer l’état de situation (profil ou portrait) du diagnostic. Un état de situation regroupe les informations requises pour décrire une situation ou une collectivité ainsi que les ressources disponibles, alors qu’un diagnostic réfère à l’analyse du portrait pour cerner les enjeux, les opportunités/contraintes et le potentiel de développement.

L’état de situation regroupe une série d’informations permettant de prendre une photo, à un moment donné, de la collectivité, soit de manière générale ou sous un angle spécifique, alors que le diagnostic permet d’en comprendre les implications.

État de situation

Diagnostic

Connaître

Comprendre et analyser

Ce qui est, à un moment donné, sur un territoire donné

Ce qui ressort et ce sur quoi il faudra s’attarder dans le futur

Qu’est-ce qu’un diagnostic?

Un groupe engagé dans un processus de développement collectif planifié devrait, tôt dans la démarche, établir un diagnostic de la situation. Cette étape, qui devrait, pour être réalisée pleinement, suivre un état de situation, permet d’éviter les pièges d’un mode « résolution de problèmes » pour se placer davantage dans une perspective de développement. Un diagnostic devrait impliquer un regard large sur la collectivité elle-même et, lorsque pertinent, sur la situation qui rassemble les acteurs. Le diagnostic devrait également s’attarder sur la capacité de mobilisation des acteurs pour permettre d’évaluer de façon réaliste les efforts pouvant être fournis.

Comme le diagnostic repose sur l’état de situation, il est important que les deux premières étapes du processus de développement soient réfléchies en lien l’une avec l’autre.

Un diagnostic est important dans un processus de développement axé sur la mobilisation puisqu’il permet :

  • De décrire la situation actuelle;
  • De cerner les problématiques existantes;
  • D’identifier les acteurs et les ressources potentielles;
  • D’identifier les enjeux (en lien ou non avec une thématique particulière);
  • De donner une direction pour la suite du processus;
  • De cerner le potentiel de mobilisation dans la collectivité.

Au moment d’amorcer le diagnostic, on peut notamment se demander : De quelles informations avons-nous besoin pour progresser? Comment inclure les acteurs concernés (qui ne sont pas présents et qui gagneraient à l’être) autour du diagnostic?

En résumé, le diagnostic est :

  • Un processus participatif qui interpelle les acteurs et par lequel ils posent un regard critique sur l’état du développement de leur collectivité (ou sur un ou des aspects de son développement);
  • Une analyse permettant une appréciation des forces, des ressources, des manques et difficultés (problèmes), des enjeux et défis, ainsi que des liens qui unissent ces dimensions;
  • Une analyse qui fait ressortir ce qui est important au-delà des faits saillants (enjeux, défis, tendances)… et surtout pourquoi c’est important.

Le diagnostic, de même que la vision partagée de changement, une autre étape importante du processus, permettent d’éviter les pièges d’un mode « résolution de problèmes ».

Bien qu’adéquate dans certaines situations, la résolution de problèmes [consistant à trouver une solution à un problème identifié] est souvent trop limitée pour faire face à la complexité des enjeux sociaux et économiques d’une collectivité.

Comment faire un diagnostic?

Selon que l’on cherche à mobiliser pour un enjeu large comme le développement durable ou plus ciblé comme le développement des enfants, différentes informations peuvent être recueillies et analysées.. Le tableau qui suit propose de grandes catégories d’information à recueillir et des types d’analyses possibles dans le but de planifier ces deux premières étapes du processus.

 

 

Étape 1 :
État de situation

Étape 2 :
Diagnostic

 

Exemples d’informations à recueillir

Exemples d’analyses possibles

Le groupe et la situation ciblée
  • Besoins ou problèmes du groupe ciblé;
  • Données sociodémographiques;
  • Portrait de l’offre de services.
  • Analyse des sources qui influencent les problèmes;
  • Écarts entre les services offerts et les problèmes connus et exploration des raisons de ces écarts;
  • Profils des « clientèles » rejointes et non-rejointes, enjeux autour de l’accessibilité.
La mobilisation 
  • Carte sociale des acteurs;
  • Description de l’état des capitaux;
  • Indicateurs du pouvoir d’agir collectif.
  • Analyse du pouvoir d’agir collectif;
  • Fragmentation (silos) et liens de communication/collaboration existants;
  • Espaces sociaux ouverts à un développement possible;
  • Analyse de l’état des capitaux présents dans la communauté;
  • Identification des acteurs selon les capitaux;
  • Liens entre les différents capitaux.

Plusieurs types de regards peuvent être posés pour établir un diagnostic qui remplisse bien sa fonction en cernant les différents potentiels et enjeux de la situation initiale. Nous en suggérons deux en particulier :

1) L’angle des capitaux, qui permet de mettre en évidence les acteurs qui contribuent aux différents capitaux (social, culturel, environnemental, économique et humain) et savent comment les mettre à contribution pour faire du développement collectif;

2) L’angle du pouvoir d’agir collectif (empowerment).

Outils et références pour aller plus loin

  • Communagir pour emporter rassemble des outils d’animation qui peuvent aider lors des étapes d’état de situation et de diagnostic. Pour y avoir accès, cliquez ici et utilisez le filtre « État de situation/diagnostic » du menu déroulant « Étapes de planification ».

Coalition des communautés en santé de l’Ontario  

Ce guide présente douze étapes pour recueillir des renseignements sociaux, environnementaux et économiques sur votre communauté ainsi que sur la santé. Il énumère des indices de base et offre aux communautés l’occasion d’ajouter leurs propres indices locaux. 

Comité sectoriel de main-d’œuvre économie sociale et action communautaire (CSMO-ESAC), 2007

Guide méthodologique à l’intention des regroupements, associations, fédérations, entreprises et organismes du secteur de l’économie sociale et de l’action communautaire pour les soutenir et les accompagner dans toute démarche d’étude, qu’il s’agisse de l’élaboration d’un profil, d’un portrait, d’un diagnostic des besoins de formation, d’une évaluation, d’une étude de satisfaction, d’une mesure de rentabilité sociale ou d’impact économique. 

François Boivert et al. , ARUC-économie sociale et Service aux collectivités de l’UQAM, 2009

Ce rapport de recherche présente, dans un premier temps, un cadre de réflexion propice à la réalisation d’activités de recherche qui reposent sur une mobilisation de connaissances détenues par la population d’un territoire local. Dans un deuxième temps, on y présente des expériences de collectes de données impliquant une participation citoyenne dans un objectif de mobilisation ou pour définir des projets qui soient mieux ancrés dans la collectivité.

Communagir pour emporter 

Exercice visant à structurer une collecte de données et la mener vers le diagnostic. À la fin de l’exercice, le groupe aura donc déterminé sous quel angle il désire structurer son portrait et aura ciblé des constats principaux. Ces constats principaux seront analysés sous l’angle de leurs causes et effets. Finalement, les opportunités face à ces constats auront été identifiées.

Communagir pour emporter 

Une carte sociale permet de créer une image de l’ensemble des acteurs (organisations, regroupements, réseaux, groupes sociaux et même des individus significatifs) et des espaces de rassemblement dans une collectivité. Elle pourra être analysée sous différents angles, évoluer et accompagner une collectivité pour l’ensemble de son développement. Des étapes pour la construire sont présentées dans ce document.

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